EVER WONDER WHERE WE GOT THE TERM CHANCELLOR OF THE EXCHEQUER FROM?

Une cérémonie qui se renouvelait deux fois l’an, à Pâques et à la Saint-Michel, était le symbole de cette organisation grâce à laquelle les rois d’Angleterre se trouvaient être des souverains plus «modernes» que le roi de France, leur suzerain sur le continent. C’étaient les séances de l’Échiquier. On appelait ainsi la reddition des comptes qui amenait, soit à Londres, soit à Winchester où était déposé le trésor royal, toute une foule de petits fonctionnaires appelés à comparaître devant une sorte de tribunal financier composé des hauts barons et des principaux prélats, vassaux du roi pour leurs domaines territoriaux. La scène se passait dans une grande salle où était dressée une longue table couverte d’un drap noir quadrillé qui la faisait ressembler à un vaste jeu d’échecs, d’où son nom. Les membres les plus en vue prenaient place au haut bout de la table, sur des fauteuils, et l’on murmurait sous cape que la plupart d’entre eux eussent été fort incapables de suivre les opérations qui se déroulaient sous leurs yeux, « beaucoup, parmi ceux qui siègent, en regardant ne voient pas et en écoutant ne comprennent pas », disait-on, parodiant l’Écriture. Cependant, sous leurs yeux, le trésorier et son clerc, aidés de deux chambellans et de deux chevaliers, cochaient sur des tailles de bois les sommes reçues et disposaient les jetons sur la table qui jouait le rôle d’une table à calculer: un même jeton, suivant la place qu’il occupait, signifiait un denier ou, à l’autre extrémité des sept colonnes entre lesquelles la table était partagée, dix mille livres. On vérifait ainsi les comptes rendus par les shérifs et, une fois le contrôle achevé par les grands officiers du royaume : chancelier,
justicier, connétable et maréchal; l’argent était déposé dans des coffres tandis qu’une armée de clercs s’occupait à transcrire sur des rouleaux de parchemin les relevés des comptes ainsi opérés.

Well, now you know.

Taken from Aliénor d’Aquitaine, by Régine Pernoud.